Référence : Pharmaceuticals 2022. — PMC9611340 · DOI 10.3390/ph15101284 Type : revue de synthèse · Plante : Camomille romaine · Propriété → Digestion Accès : ⭐ libre (CC BY 4.0) → texte intégral traduit Fidélité : traduction intégrale et fidèle du texte des auteurs. Appels [n] omis ; figures/tableaux « [ ] ». Mentions d’agences (OMS/EMA/FDA) = texte des auteurs. ⚠️ Périmètre : cette revue couvre la camomille au sens large (surtout la matricaire allemande Matricaria chamomilla) ; ce qui suit ne concerne pas exclusivement la camomille romaine.
La camomille a une longue histoire d’usages en médecine traditionnelle. Les deux variétés couramment utilisées ayant des applications thérapeutiques sont la camomille allemande, connue sous le nom de Matricaria chamomilla L., et la camomille romaine, ou Chamaemelum nobile L. La plante contient de nombreux composants, à savoir des flavonoïdes, des terpénoïdes et des coumarines, responsables de ses propriétés médicinales. Cette revue examine les développements récents qui contribuent à établir son rôle d’agent thérapeutique dans divers domaines, en tant qu’agent anti-inflammatoire, antioxydant, analgésique, antimicrobien, hépatoprotecteur, anti-allergique, anticancéreux et antihypertenseur. On sait peu de choses sur son rôle dans le traitement des troubles du SNC et des syndromes métaboliques, qui sont également abordés. Les composants chimiques responsables de l’activité thérapeutique et leurs mécanismes d’action respectifs sont également détaillés.
Le mot « camomille » vient de deux mots grecs, Chemos et Melos, signifiant « pomme du sol » en raison de son odeur rappelant celle de la pomme. Il existe de nombreuses variétés de camomille, et elles sont connues sous un éventail de noms, tels que camomille Babuna, camomille allemande, camomille romaine, camomille anglaise, camomille hongroise, camomille simple, Camomilla, Flos chamomile, pinheads, fausse camomille douce et matricaire odorante. La camomille se rencontre partout et c’est une plante bien documentée dans le monde. La camomille (Matricaria chamomilla L.), appartenant à la famille des Asteraceae (anciennement Compositae), est une plante médicinale essentielle indigène d’Europe et d’Asie. Elle est cultivée dans le sud et l’est de l’Europe, en Afrique du Nord, en Asie centrale et occidentale, et dans l’ouest de l’Amérique du Nord. La Hongrie est le principal producteur de la biomasse de cette plante. Les Moghols ont introduit cette herbe en Inde, et elle est cultivée dans la partie nord de l’Inde. Les graines ont besoin d’un sol ouvert pour survivre ; elle pousse donc souvent près des routes, autour des décharges et des champs cultivés, comme une mauvaise herbe. Plusieurs espèces botaniques sont connues sous le nom de camomille, telles que la camomille allemande, la camomille sauvage (Matricaria discoidea DC.), la matricaire des vallées (Matricaria occidentalis G.), Matricaria aurea Loefl., la camomille des champs ou des blés (Anthemis arvensis L.), la camomille puante (Anthemis cotula L.), la fausse camomille inodore (Tripleurospermum inodorum L.), la camomille des teinturiers (Cota tinctoria L.), etc. Pour éviter les confusions, Matricaria recutita L. (Matricaria chamomilla ou Chamomilla recutita) est désormais considérée comme le nom botanique de la camomille, appartenant au genre Chamomilla L. et à la famille des Asteraceae. Une caractéristique qui distingue la vraie camomille des autres variétés est soit une odeur puante, soit une absence d’odeur, alors qu’elle est par ailleurs parfumée.
Les deux principales espèces de camomille largement utilisées pour les problèmes de santé sont la camomille allemande (M. chamomilla L.) et la camomille romaine ou anglaise (Chamaemelum nobile syn. Anthemis nobilis L.). Il existe une troisième espèce couramment utilisée dans les industries cosmétique et de la parfumerie, à savoir Ormenis multicaulis Braun-Blanq. & Maire, également connue sous le nom de camomille marocaine. M. chamomilla L. a davantage d’effets biologiques que les autres espèces. En Europe, elle est considérée comme un « remède universel » et, en allemand, elle est appelée « alleszutraut », signifiant qu’elle est capable de tout. La camomille est généralement sans danger à la consommation et se consomme sous forme de tisane ou de tonique. Elle entre dans la composition de plusieurs préparations médicinales traditionnelles, unani et homéopathiques. Elle est principalement utilisée pour le traitement des irritations cutanées légères et pour traiter l’anxiété, l’inflammation et les spasmes, ou comme sédatif. En tant que médicament, elle est utile contre les flatulences, les coliques, l’hystérie, la fièvre intermittente, la dépression, les ulcères, la cicatrisation des plaies, etc. En 2000, la USFDA a décidé que la camomille pouvait être utilisée comme ingrédient actif dans les compléments alimentaires en vente libre (OTC). De plus, pour une utilisation dans les produits alimentaires, la camomille allemande est classée comme généralement reconnue comme sûre (GRAS). En outre, la USFDA reconnaît également l’huile essentielle, les extraits et les distillats comme GRAS. Cela souligne l’importance de la camomille dans l’industrie alimentaire. Les nutraceutiques jouent un rôle important dans la prévention des maladies. La possibilité de son utilisation comme agent nutraceutique peut être explorée si le phytocomposant est identifié et étudié de manière à fournir une biodisponibilité élevée ainsi qu’une efficacité.
La pharmacopée de 26 pays a inclus la camomille en tant que médicament. Avec les connaissances actuelles sur la camomille dans le traitement de diverses maladies, son rôle en tant qu’agent pharmaceutique ne peut être ignoré. Le progrès de la science a considérablement accru les connaissances sur ses bienfaits thérapeutiques, ce qui en fait une herbe d’importance pharmacologique.
Cette revue examine les découvertes récentes in vitro et in vivo qui détaillent le rôle de la camomille en tant qu’agent anti-inflammatoire, antioxydant, analgésique, antimicrobien, hépatoprotecteur, anti-allergique, anticancéreux et antihypertenseur. On sait peu de choses sur ses effets dans le traitement des troubles du système nerveux central (SNC) et du syndrome métabolique, qui sont également abordés. Le potentiel thérapeutique maximal ne peut être exploité que si le mécanisme d’action est connu. C’est pourquoi cet article met en lumière le composant chimique et le mécanisme d’action possible responsables des propriétés médicinales de la camomille. Cela aidera les futurs chercheurs à développer un système de délivrance approprié afin que le produit naturel puisse être utilisé comme outil thérapeutique.
M. chamomilla : M. chamomilla ou Matricaria recutita L. ou Chamomilla recutita L. est également connue sous le nom de camomille allemande. C’est une plante aromatique annuelle qui atteint une hauteur de 10 à 60 cm (a). Elle possède un feuillage plumeux avec des fleurs blanches semblables à des marguerites et pousse jusqu’à environ 20 pouces. Les fleurs sont parfumées, mais son feuillage n’a aucune odeur. Les fleurs sont disposées en capitules, avec un anneau extérieur de fleurons ligulés et des fleurons centraux du disque, caractéristique commune de la famille des Asteraceae (b). Les fruits produits sont appelés akènes ; ils sont cylindriques, longs de 0,8 à 1 mm et larges d’environ 0,5 mm, avec trois côtes fines abaxiales et deux côtes fines presque marginales (c).
C. nobile L. : c’est une forme vivace, également connue sous le nom de camomille romaine ou anglaise. Elle ne pousse que d’un pied et ses fleurs ont une odeur parfumée. Elle est utilisée comme couvre-sol car elle ne mesure que 4 à 12 pouces de hauteur (d). Le feuillage est plumeux avec une odeur de pomme. Ses fleurs sont de couleur blanche, semblables à des marguerites, avec des pétales retombants (e). Les fleurs sont plus grandes que celles de la camomille allemande.
La vraie camomille est souvent confondue avec les plantes du genre Anthemis en raison de la similitude de leur capitule.
Les applications biologiques de la camomille sont liées à ses composants chimiques. Les constituants actifs sont principalement présents dans la fleur fraîche ou séchée ; c’est pourquoi les infusions ou les huiles essentielles sont utilisées dans les préparations médicinales. La fleur produit un maximum de 2 % d’huile volatile, qui renferme plus de 120 constituants. Les principaux constituants de l’huile comprennent les terpénoïdes, principalement les sesquiterpènes et l’α-bisabolol. Les composants présents dans l’huile essentielle — chamazulène, α-bisabolol et cis-β-farnésène — sont de nature hydrophobe. Le chamazulène n’est pas présent naturellement, mais le proazulène et la matricine présents dans les capitules de camomille sont connus pour se dégrader en chamazulène au cours des processus de distillation à la vapeur. D’autres composants tels que les flavonoïdes, les coumarines et les acides phénoliques sont solubles dans l’eau et exercent donc des effets thérapeutiques lorsque la camomille est consommée sous forme de tisane. Les principaux flavonoïdes présents sont l’apigénine, la quercétine, la patulétine et la lutéoline, à des concentrations respectives de 16,8 %, 9,9 %, 6,5 % et 1,9 %, dépendant bien entendu à nouveau de l’espèce et de la culture. Environ 28 terpénoïdes et 36 flavonoïdes ont été isolés à partir de différentes variétés de camomille. Les coumarines présentes sont l’herniarine et l’ombelliférone, à une concentration de 0,1 %. Mulinacci et al. ont étudié la présence de 39 % de dérivés de l’acide cinnamique, tels que l’acide férulique et l’acide caféique. Un auteur a affirmé que les feuilles renferment également des composants chimiques tels que des terpénoïdes, des composés phénoliques, des flavonoïdes, des tanins et des phytostérols.
Cependant, la composition chimique de la plante varie d’un endroit à l’autre en raison des différences de type de sol, d’environnement spécifique et des différents fonds génotypiques selon les localisations. Il existe une différence marquée dans la composition chimique des variétés de camomille allemande et romaine ([ ]). Les principaux composants de la camomille allemande sont les terpénoïdes — l’α-bisabolol et son oxyde, les azulènes tels que le chamazulène (1 à 15 %) — et l’apigénine. La camomille romaine, quant à elle, contient principalement des esters d’acide angélique et d’acide tiglique. L’huile essentielle obtenue à partir de la camomille allemande est de couleur bleu foncé en raison de teneurs élevées en chamazulène. La camomille romaine, en revanche, produit une huile essentielle bleu clair, qui vire au jaune au cours du stockage en raison de l’oxydation. La teneur en chamazulène de l’huile essentielle de camomille romaine est de 5 %, alors qu’elle est de 50 % dans l’huile de camomille allemande.
L’apigénine est le principal composant bioactif et est donc considérée comme un marqueur de qualité de la camomille. La Pharmacopée européenne suggère que les fleurs de camomille doivent contenir au moins 0,25 % d’apigénine-7-glucoside pour pouvoir être utilisées comme agent thérapeutique. De même, la pharmacopée américaine indique que les fleurs de camomille séchées doivent contenir au moins 0,3 % d’apigénine-7-glucoside et au moins 0,15 % de dérivés du bisabolane. On peut observer dans [ ] que les teneurs en apigénine et en sesquiterpènes sont plus élevées dans la camomille allemande ; c’est pourquoi les extraits de fleurs de cette variété sont généralement utilisés pour les applications biologiques.
En raison de la demande croissante de camomille allemande, sa culture de masse a déjà commencé. Cependant, en raison des différentes conditions environnementales, une teneur élevée en huile essentielle constitue un défi. Les scientifiques ont étudié de manière approfondie la diversité génétique de la camomille allemande. Des marqueurs génétiques associés à l’α-bisabolol et au chamazulène ont été identifiés, qui peuvent être incorporés lors de la sélection. En outre, la technologie de transfert de gènes a permis la surexpression de la sesquiterpène synthase, aboutissant à une teneur élevée en sesquiterpènes. De même, le génie génétique a permis la production d’huile essentielle avec de hauts rendements en terpénoïdes.
Le corps humain est constamment exposé à des stress internes et externes dans notre vie quotidienne. Il peut s’agir de blessures ou d’infections qui entraînent l’endommagement des membranes biologiques. L’inflammation se produit en réponse à ces stress et participe à diverses voies de réparation. Dans une étude de Lee et al., les effets de l’application topique d’huile fixe de camomille allemande ont été étudiés dans un modèle animal de dermatite atopique. On a constaté qu’après une période d’administration de 4 semaines, il y avait une réduction significative des taux sériques d’IgE et d’IgG1. Dans une autre étude, une combinaison de parts égales de Commiphora molmol Engl. ex Tschirch et de Coffea arabica L. en poudre et d’extraits de fleurs de M. chamomilla L. a été étudiée pour le traitement du syndrome du côlon irritable (SCI). Pour l’étude, l’inflammation a été induite par l’administration de lipopolysaccharides (LPS) d’E. coli à une concentration de 100 ng/mL via l’activation des macrophages THP-1, qui a conduit à la libération de divers signaux de cytokines pro-inflammatoires tels que l’interleukine 6 (IL-6) et le facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α), ainsi qu’à la stimulation des cellules épithéliales intestinales et à la libération supplémentaire de chimiokines, d’interleukine 8 (IL-8) et de la protéine chimioattractante des monocytes 1 (MCP-1). Les résultats ont clairement démontré que la combinaison inhibait fortement la libération de médiateurs cytokines et chimiokines. La valeur d’IC_50 affichée par la combinaison d’extraits, pour l’inhibition du TNF-α, s’est avérée être de 26 µg/mL, alors qu’elle était de 98 µg/mL lorsque l’extrait de camomille était utilisé seul. De même, les valeurs d’IC_50 pour l’inhibition de l’IL-8 et de la MCP-1 pour la combinaison d’extraits se sont avérées être respectivement de 59 µg/mL et 54 µg/mL, contre respectivement 268 µg/mL et 39 µg/mL lorsqu’ils étaient utilisés seuls. Les résultats suggèrent que les extraits de fleurs de camomille peuvent être utilisés pour le soulagement de l’inflammation associée au SCI. Le criblage pharmacologique a montré que l’apigénine, ses glycosides et l’acide férulique pourraient être responsables des activités anti-inflammatoires. On sait que l’oxyde nitrique (NO) est également responsable de l’inflammation. Les macrophages activés stimulent l’expression du gène de l’oxyde nitrique synthase inductible (iNOS), qui produit la NO synthase. Un autre auteur a étudié le mécanisme d’action des extraits de fleurs séchées de camomille sur les troubles inflammatoires. Les macrophages ont été stimulés par l’administration de LPS, et la production de NO a été évaluée en l’absence et en présence de l’extrait aqueux de camomille. En l’absence de l’extrait de camomille, la production de NO a augmenté de manière significative, d’un facteur 30, tandis qu’après traitement par la camomille à des doses comprises entre 5 et 40 µg/mL, les taux ont diminué de 53 à 83 %. Là encore, l’effet inflammatoire était supposé associé à la présence d’apigénine et de ses glycosides. Cependant, une autre étude a publié l’effet d’un flavonoïde, la lutéoline, présent dans la camomille, pour ses effets anti-inflammatoires. Des études in vivo ont été menées sur des souris à l’aide de modèles d’inflammation induite par la carraghénane et de la poche d’air. Les résultats ont démontré des augmentations significatives et dose-dépendantes des réponses anti-inflammatoires. Fleming et al. ont étudié les effets possibles de la matricine et du chamazulène dans l’inflammation. Des cellules endothéliales humaines ont été traitées avec du LPS pour induire l’expression de la molécule d’adhésion intercellulaire 1 (ICAM-1). L’ICAM-1 est connue pour être associée aux réponses inflammatoires (TNF-α et interféron γ ; IFN-γ) dans les cellules endothéliales. Après traitement, une réduction dose-dépendante des taux d’ICAM-1 a été observée, avec un effet maximal de 52,7 ± 3,3 % avec 75 µM de matricine, tandis que des effets minimes ont été détectés pour le chamazulène. Certains auteurs ont également rapporté des effets anti-inflammatoires de composants de l’huile essentielle, tels que l’α-bisabolol, le bisabolonoxide et les polycétides.
Les activités antioxydante et anti-inflammatoire sont liées l’une à l’autre. Les radicaux libres sont produits dans les cellules/tissus au cours de la physiologie normale et jouent des rôles importants nécessaires au fonctionnement normal. Cependant, une production excessive est également redoutable, car elle peut provoquer un stress oxydatif et endommager les cellules, les lipides et les protéines. Simultanément, le stress oxydatif induit l’expression de la cyclooxygénase (COX) et de la lipoxygénase (LOX), ce qui déclenche encore la sécrétion de médiateurs inflammatoires. Plusieurs études ont été menées, qui ont prouvé l’activité antioxydante de la camomille. Par exemple, Wang et al. ont démontré que l’apigénine inhibait fortement la production de radicaux libres et les dommages associés dans le modèle induit par le H_2O_2. Dans une autre étude, les effets antioxydants d’extraits hydroalcooliques de camomille ont été étudiés sur des lignées cellulaires d’adénocarcinome humain HT29 induites par le H_2O_2. L’herbe a réduit de manière significative les taux d’espèces réactives de l’oxygène (ROS), l’effet le plus marqué étant observé à une dose de 1000 mg/mL. Le marqueur du stress oxydatif le plus connu est la 8-iso-prostaglandine F2α (8-iso-PGF2α), qui dérive de la peroxydation des ROS. Une réduction significative de la 8-iso-PGF2α a clairement signifié une activité de piégeage des radicaux par la camomille. De plus, une réduction de 50 % des taux de prostaglandine E2 (PGE_2) a été observée, ce qui est lié à l’inhibition de l’activité de la COX. En outre, l’auteur a également testé l’activité anti-inflammatoire sur un modèle induit par le LPS. Une réduction significative du TNF-α et de l’IL-6 a été observée, ce qui suggère des activités anti-inflammatoires. Cette étude signifie que la camomille a le potentiel d’être utilisée dans le cancer colorectal. Bien que ces études n’aient pas identifié le constituant chimique responsable de l’activité antioxydante, Parham et al. ont indiqué que les flavonoïdes pourraient en être responsables.
La présence de maladies allergiques a augmenté dans le monde entier. Les mastocytes sont présents dans la plupart des organes et tissus, et leur activation déclenche la libération d’histamine ; de médiateurs inflammatoires tels que les leucotriènes, les prostaglandines et les protéases ; et de cytokines pro-inflammatoires. Dans une étude de Chandrashekhar et al., l’allergie a été induite par des traitements avec le composé 48/80, un stimulateur des mastocytes, et traitée avec un médicament de référence, le chromoglycate disodique (témoin), et un extrait méthanolique de camomille. Les extraits de camomille à des concentrations de 300 mg/kg ont montré une inhibition de la dégranulation des mastocytes de 73,3 %, contre 67,75 % pour le chromoglycate disodique. Les taux d’histamine ont également diminué de manière significative dans les groupes traités par rapport au groupe témoin. Les taux de NO dans le sérum et les liquides péritonéaux et bronchoalvéolaires ont également été testés, et une réduction d’environ un facteur trois a été observée avec les traitements de référence, tandis que les extraits de camomille à une dose de 300 mg/kg ont montré une réduction maximale d’un facteur cinq. Un autre auteur a testé l’efficacité de l’huile de camomille topique sur la dermatite allergique induite par le 2,4-dinitrochlorobenzène. Les taux d’IgE et d’IgG1 sériques, ainsi que d’histamine, ont été significativement réduits après respectivement 4 semaines et 2 semaines d’application d’huile de camomille.
Des études ont suggéré que la camomille contient de l’α-bisabolol, qui lui confère des propriétés antimicrobiennes. Elle a montré une activité contre les bactéries à Gram positif et à Gram négatif. Le potentiel antibactérien a été étudié par Kazemian et al. Des plaies ont été créées par incision à l’aide d’une lame, puis infectées par des souches de Pseudomonas aeruginosa. Des pommades à la camomille et à la tétracycline ont ensuite été appliquées et les résultats ont été comparés. On a constaté que le groupe traité avec la camomille présentait des délais de cicatrisation réduits (5,3 jours) par rapport au groupe antibiotique (6,3 jours). Le traitement de toute infection microbienne devient souvent très difficile en raison de la formation de biofilm. Les biofilms sont des cellules microbiennes hautement structurées qui s’enferment dans une matrice extracellulaire qu’elles produisent elles-mêmes. Ils sont responsables de la résistance bactérienne ou fongique, qu’il est presque impossible d’éradiquer. Des études ont également rapporté que la camomille possède la capacité de perturber les biofilms. Une étude in vitro a été menée, dans laquelle des échantillons de tissus présentant une multirésistance aux médicaments contre P. aeruginosa ont été prélevés et cultivés dans un milieu de bouillon de soja. Un extrait méthanolique dilué de camomille a été utilisé, et la concentration minimale inhibitrice (CMI) et la concentration minimale bactéricide (CMB) ont été déterminées par des méthodes de microdilution en bouillon. Un extrait de camomille mesurant 50 µL et 150 µL d’inoculums bactériens ont été placés dans des plaques de microtitration à 96 puits et incubés à 37 °C pendant 24 h. La CMI et la CMB se sont avérées être respectivement de 12,5 à 50 mg/mL et de 25 mg/L. Le test d’inhibition du biofilm a également été réalisé, et les extraits de camomille dans la gamme de concentration de 1,6 à 100 mg/mL ont montré une inhibition du biofilm. Les constituants de la plante peuvent également être utilisés en synergie avec des médicaments de synthèse pour renforcer leur propriété antimicrobienne. Une étude a été menée pour déterminer les valeurs de CMI de l’huile essentielle et des extraits de camomille dans l’hexane, l’éther diéthylique et le dichlorométhane contre Staphylococcus aureus, Escherichia coli et Candida albicans, et les valeurs ont été comparées à celles d’antibiotiques tels que l’ampicilline, le céfuroxime, la tétracycline, le fluconazole et la nystatine. Les CMI individuelles présentées par les extraits étaient comparativement plus élevées que celles des antibiotiques de référence ; cependant, lorsqu’ils étaient utilisés en combinaison, ils affichaient un effet synergique/additif. L’effet était le plus marqué avec la tétracycline, et un indice de concentration fractionnaire inhibitrice de 0,26 à 0,37 ainsi qu’une diminution d’un facteur quatre de la CMI contre les bactéries à Gram positif et à Gram négatif ont été observés. Étant donné que les différentes fractions de l’extrait de camomille ont été utilisées dans l’étude, cela suggère que plusieurs composants agissent ensemble et présentent des propriétés antimicrobiennes. Dans une autre étude, l’effet cytotoxique de l’huile de camomille a été testé sur des kératinocytes humains et une lignée de cellules épithéliales. Différentes concentrations d’huile de camomille à 16 µg/mL, 32 µg/mL, 125 µg/mL et 250 µg/mL ont été testées. On a constaté que l’huile ne montrait de toxicité qu’à la concentration la plus élevée. En outre, l’auteur a également testé les activités antibactériennes contre des souches à Gram négatif d’E. coli, P. aeruginosa, Klebsiella pneumoniae et Enterobacter aerogenes, et des souches à Gram positif de S. aureus — en ce qui concerne les propriétés de résistance et de sensibilité à la méticilline — et d’Enterococcus faecalis. La CMI pour toutes les souches s’est avérée être > 1000 µg/mL. Lors du test des activités synergiques, l’effet additif a été observé avec l’amoxicilline et la doxycycline contre S. aureus, et un effet synergique a été observé avec la pénicilline V contre P. aeruginosa. De même, une autre étude a rapporté que les extraits acétoniques de camomille montraient une activité antimicrobienne améliorée contre S. aureus et C. albicans par rapport aux antibiotiques traditionnels. La zone d’inhibition observée était respectivement de 27 ± 0,145 mm et 18 ± 0,22 mm contre S. aureus et C. albicans, à une concentration de 400 µg/mL. Les études in vivo ont suggéré que l’application topique de crème de camomille sur des souris infectées permettait une guérison complète en 14 jours, alors que l’application topique de nystatine montrait une rougeur et une inflammation même après 17 jours.
Les effets antiviraux de la camomille ont également été étudiés sur des souches du virus Herpes simplex sensibles et résistantes à l’aciclovir. L’huile essentielle de camomille a montré une forte activité antivirale contre les deux souches, comme le prouve une réduction des plaques de 96,6 à 99,9 %. La valeur d’IC_50 s’est également avérée être de 0,003 %. Plus récemment, des effets anti-COVID ont également été observés lors de la prise de compléments TaibUVID comprenant de la camomille, du miel et Nigella sativa. Au cours de l’étude, on a observé que 70 % des participants n’ont pas contracté d’infection au SARS-CoV-2 même après contact avec des patients positifs à la COVID-19. En outre, 30 % des patients positifs à la COVID-19 ont pris des compléments, et les symptômes se sont améliorés en 1 à 4 jours, avec un test RT-PCR négatif, tandis que pour les 70 % restants, l’état s’est amélioré après 10 jours de traitement.
Dans une étude de Chaves et al., les effets d’une fraction brute de camomille ont été testés pour leur activité analgésique par des tests à la formaline. La camomille a été caractérisée par la présence de polysaccharides, d’arabinose, de galactose, de xylose et d’acide uronique. Une nociception réduite (de 96 %) a été observée avec une dose de 30 mg/kg par rapport au témoin (10 mL/kg de solution saline), ce qui a démontré une propriété analgésique.
Il a été rapporté pour la première fois par Srivastava et al. que les extraits de camomille possèdent des activités anticancéreuses. Ces auteurs ont testé ses effets sur des cellules cancéreuses de la prostate humaine. Les extraits aqueux et méthanoliques ont montré une réduction dose-dépendante de la viabilité cellulaire comprise entre 6 et 37 %, bien que les réponses aient été plus marquées pour les extraits méthanoliques. En outre, le mécanisme d’action a été étudié, et une apoptose augmentée d’un facteur trois a été observée pour les extraits méthanoliques. L’effet antiprolifératif a également été étudié, et des valeurs d’IC_50 de 1650 à 4000 µg/mL et de 165 à 300 µg/mL ont été notées respectivement pour les extraits aqueux et méthanoliques. L’effet de l’extrait éthanolique a été testé par un autre auteur pour son activité antiproliférative contre la lignée de cellules cancéreuses d’hépatome humain. La valeur d’IC_50 s’est avérée être de 300 µg/mL, avec des activités de piégeage du 2,2-diphényl-1-picryl-hydrazyl-hydrate (DPPH) de 94 % à 1,5 mg/mL. La détermination des composants chimiques a révélé des quantités élevées de polyphénols et de flavonoïdes.
Une grande variété de modèles cliniques de cancer ont été utilisés pour l’investigation de l’activité anticancéreuse de la camomille, qui a montré une activité anticancéreuse contre le cancer du sein, le cancer du poumon, le cancer de la peau induit par les ultraviolets B (UV-B), la carcinogenèse buccale et le cancer du côlon, etc. Une étude détaillée a souligné que l’apigénine est le principal composant responsable de l’activité anticancéreuse par le biais de l’apoptose, de l’anti-prolifération et de l’autophagie. Étant donné que l’oxydation est une autre raison de la progression du cancer, l’activité de piégeage des radicaux libres montrée par la camomille est une autre raison possible de l’activité anticancéreuse. En outre, l’inflammation chronique est également associée à la pathogenèse du cancer, et le rôle anti-inflammatoire exercé par la camomille peut être une raison supplémentaire de ses effets anticancéreux.
La tisane de camomille est depuis longtemps utilisée pour le calme et les troubles du sommeil. Certains auteurs ont rapporté que l’effet sédatif est dû à un flavonoïde, l’apigénine, présent dans la camomille. L’apigénine agit en se liant aux récepteurs des benzodiazépines présents dans le cerveau. Les effets sédatifs ont été testés en évaluant l’activité locomotrice chez des souris par rapport à un témoin au diazépam. Une diminution dose-dépendante de la locomotion a été observée, avec des effets maximaux à une dose de 30 mg/kg de la fraction brute de camomille. Les souris manifestent généralement une activité anxiolytique en enfouissant des objets nocifs. Le nombre de billes enfouies a été testé, et il a diminué drastiquement lors de l’administration de camomille, suggérant des effets anti-anxiété. Une étude récente a également suggéré que la camomille a le potentiel de soulager significativement l’anxiété dans un modèle de test lumière-obscurité chez le poisson-zèbre. Lors des analyses GC-MS, on a constaté que les principaux composants présents étaient le pentadécyl-3-méthyl-2-buténoate, l’hexadécyl-3-méthyl-2-buténoate, le 1-pipéridinol et le trans-1-éthyl-3-méthyl-cyclopentane.
On pense que le neuropeptide substance P pourrait être à l’origine de la dépression chez l’homme. Il agit sur son récepteur, la neurokinine-1, déclenchant la libération de diverses substances conduisant à l’apparition de la dépression. En outre, il est également rapporté que les fluctuations des taux de cortisol sont associées aux troubles du SNC. Par exemple, des taux de cortisol plus faibles sont observés dans le trouble anxieux généralisé, et des taux plus élevés dans le stress chronique. L’étude a également lié les activités de l’axe hypothalamo-hypophyso-corticosurrénalien (HPA) à la dépression. Une autre étude a montré que des taux élevés d’adrénocorticotrophine (ACTH) sont associés au stress et à l’anxiété. Il a été constaté que les extraits de camomille possèdent une activité antagoniste du récepteur de la neurokinine-1. En outre, il a été constaté que l’inhalation de vapeurs d’huile de camomille réduit les taux d’ACTH provoqués par le stress induit par l’ovariectomie chez le rat. De plus, des rapports ont suggéré que les composants flavonoïdes de la camomille modulent les activités des neurotransmetteurs centraux, par exemple une réduction de la sérotonine, de la dopamine et de l’activité de la monoamine oxydase, et élèvent la production de catécholamines et l’activité de la noradrénaline.
Il a été constaté que la camomille possède des ingrédients qui jouent des rôles importants dans les maladies du SNC telles que l’épilepsie et la maladie d’Alzheimer. Dans une étude menée par Hashemi et son groupe, des convulsions ont été induites par l’administration d’acide kaïnique. L’apigénine a ensuite été administrée par voie orale à 50 mg/kg pendant 6 jours. Le traitement a significativement réduit l’apparition et la sévérité des crises. Les analyses immunohistochimiques ont montré que l’apigénine réduisait la neurodégénérescence en augmentant le nombre de neurones vivants dans l’hippocampe. L’étude a également prouvé que l’apigénine restaure les déficits de mémoire dans l’épilepsie. Le stress oxydatif chronique est la raison de la stimulation de la neurodégénérescence. La camomille, étant un antioxydant naturel, possède la capacité de piéger les radicaux libres et peut donc être efficace dans la prise en charge de troubles neurologiques tels que la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et l’ischémie cérébrale.
Les extraits de camomille sont connus pour posséder des effets antihypertenseurs. L’extrait de camomille a été administré par voie orale à une dose de 200 mg/kg à des rats normaux. On a constaté qu’il réduisait significativement la pression artérielle systolique et diastolique ainsi que la fréquence cardiaque. La même dose a ensuite été administrée à des rats rendus hypertendus par un régime riche en sel et en saccharose, et a de nouveau montré une réduction significative de la pression artérielle (PA) et de la fréquence cardiaque. Les investigations mécanistiques ont révélé que cela était dû à une réduction de 38 % des activités de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (ECA). En outre, les résultats ont été comparés à ceux d’un agent antihypertenseur de référence, le captopril, et la camomille s’est avérée supérieure. Une investigation détaillée a été menée par un autre scientifique qui a exploré le potentiel de l’apigénine comme agent antihypertenseur. L’inflammation chronique et le stress oxydatif sont impliqués dans le développement de l’hypertension, et l’hypertension induit une hypertrophie cardiaque. La perfusion d’apigénine à une dose de 20 µg/h pendant 4 semaines a démontré une réduction de la PA et de la fréquence cardiaque. Elle a également supprimé de manière significative les taux de marqueurs du stress oxydatif, les ROS et la superoxyde dismutase (SOD). Les cytokines inflammatoires, à savoir l’IL-1β, le TNF-α et l’IL-6, ont également été réduites. L’étude a prouvé que l’apigénine agit comme un agent antihypertenseur par la modulation de la génération de ROS dépendante de la NADPH oxydase et des mécanismes inflammatoires.
Afin de prouver les effets hépatoprotecteurs de la camomille, de la 1,2-diméthylhydrazine a été administrée à des rats pour induire une toxicité hépatique, avec un suivi des taux d’enzymes hépatiques, notamment l’aspartate transaminase (ASAT) et l’alanine transaminase (ALAT). Les résultats ont révélé que le traitement par des extraits aqueux de camomille réduisait les taux d’ASAT et d’ALAT de 33 à 37 %. Un prétraitement par la camomille avant l’induction de la toxicité avait également un effet protecteur. Une investigation détaillée a suggéré que la camomille agissait en modulant les enzymes pro-inflammatoires COX-2 et iNOS. En outre, les effets protecteurs du foie peuvent aussi être dus aux propriétés antioxydantes présentées par la camomille via la modulation de la SOD et de la glutathion peroxydase.
Il est suggéré que des taux accrus de ROS sont associés à la production d’adipocytes. Une analyse du sang et du tissu adipeux a révélé des quantités plus élevées de peroxydation lipidique et de produits d’oxydation des protéines et de l’ADN. Les constituants de la camomille agissent comme des antioxydants naturels ; ils jouent donc un rôle central dans la prise en charge des troubles métaboliques tels que l’obésité. De plus, les extraits éthanoliques de camomille protègent les cellules β du pancréas contre les ROS chez les rats rendus diabétiques. Les extraits aqueux suppriment également les taux de sucre à jeun et présentent des effets anti-hyperglycémiants modérés. Des propriétés anti-lipidémiques ont également été trouvées dans les extraits aqueux, car ils réduisaient les taux de cholestérol sérique chez les rats hyperlipidémiques. Dans une étude sur la camomille romaine, six nouveaux dérivés de l’acide octulosonique ont été isolés, et ils ont été testés pour leurs activités anti-inflammatoires. Les composés ont abouti à l’inhibition de l’iNOS et ont finalement supprimé la production de ROS. L’inflammation est un facteur de risque dans les troubles métaboliques tels que l’obésité et les complications cardiovasculaires. C’est pourquoi d’autres études ont été menées pour déterminer leur rôle dans l’induction des récepteurs activés par les proliférateurs de peroxysomes α (PPARα), γ (PPARγ) et du récepteur X du foie (LXR). Ceux-ci sont considérés comme des acteurs majeurs dans la régulation du métabolisme des lipides et des glucides. Les composants ont montré une induction d’un facteur 1 à 2 de l’activité des PPARα, PPARγ et LXR. Cela conduit également à une inhibition de 50 % des activités du NF-κB, pointant fortement vers des réponses anti-inflammatoires. Bien que la camomille allemande n’ait pas été analysée pour ces composés, cela peut être exploré afin d’élucider son activité dans les troubles métaboliques.
La camomille a trouvé des usages dans d’autres maladies également. Par exemple, l’huile essentielle de camomille a été testée pour son activité amœbicide contre Acanthamoeba castellani Neff. Les valeurs d’IC_50 obtenues par l’huile essentielle étaient de l’ordre de 20,839 ± 2,015, comparativement plus élevées que celles du médicament antiamibien de référence, la chlorhexidine (2,643 ± 0,55), suggérant qu’elles étaient cytotoxiques pour les cellules amibiennes, mais peu pour la lignée de cellules macrophagiques murines. Le mécanisme d’action a également été élucidé, et on a constaté que l’α-bisabolol présent dans les huiles essentielles de camomille induisait la fuite du contenu cellulaire en augmentant la perméabilité de la membrane plasmique et l’apoptose. De même, son efficacité en tant qu’agent anti-leishmanien est également prouvée. Un autre auteur a testé l’effet anti-prurigineux de l’huile essentielle de camomille. L’administration orale de l’huile essentielle a montré une réduction dose-dépendante du grattage chez les animaux par rapport aux témoins à la fexofénadine (10 mg/kg). La raison la plus probable peut être les effets antihistaminiques présentés par l’oxyde A de bisabolol, retrouvé lors des analyses chimiques. La camomille a également trouvé des applications dans le traitement du syndrome prémenstruel, son efficacité en tant qu’analgésique ayant déjà été discutée. De plus, les flavonoïdes présents dans la camomille sont connus pour agir comme agents antispasmodiques. Les effets néphroprotecteurs ont également été étudiés, où son activité a été testée dans un modèle d’insuffisance rénale aiguë. L’α-bisabolol a atténué les dommages cellulaires causés lors des lésions rénales. La propriété antioxydante pourrait être responsable des effets néphroprotecteurs. Certaines autres applications biologiques de la camomille sont abordées dans [ ].
Les techniques de criblage récentes telles que la LC-MS, la GC-MS, etc., ont permis d’élucider le constituant actif responsable des propriétés pharmacologiques. En outre, on peut observer que l’objectif de la plupart des études de recherche est d’établir le mécanisme d’action. Cela est très nécessaire pour que le produit naturel puisse être efficacement utilisé comme outil thérapeutique. Le mécanisme d’action possible de la camomille dans différents usages cliniques est mis en évidence dans [ ].
L’identification du phytoconstituant présent dans la camomille est importante, car elle fournit une empreinte chimique de l’extrait, permettant d’effectuer des analyses qualitatives et quantitatives. Comme nous le savons, les conditions de transformation des matières végétales affectent la composition phytochimique ; par conséquent, l’identification du composé chimique aidera à améliorer les technologies agricoles et de transformation. Cela contribuera en outre à la standardisation des extraits végétaux et pourra prévenir les variations d’un lot à l’autre. De plus, avec les développements récents qui nous ont aidés à fournir des aperçus détaillés du mécanisme d’action, il a été possible d’identifier le biomarqueur responsable des activités biologiques. Une fois que nous connaissons sa cible physiologique, l’étalon phytochimique peut être développé, ce qui peut servir de contrôle qualité pour la camomille.
La plupart des études se limitent à des simulations in vitro/ex vivo. Des études précliniques approfondies sur des modèles animaux de diverses maladies sont nécessaires afin que les effets puissent être extrapolés dans des essais cliniques, ce qui contribuera à établir et à valider la camomille en tant qu’agent thérapeutique.
Cette revue met en lumière les activités biologiques présentées par les différents composants chimiques présents dans la camomille. De nombreuses études in vitro ont détaillé de manière exhaustive diverses applications thérapeutiques, suggérant la camomille comme une herbe prometteuse. Cependant, au cours de la recherche documentaire, peu de preuves relatives à un usage clinique ont été trouvées. Il a été rapporté par de nombreux auteurs que la camomille, bien qu’étant une herbe potentiellement utile, ne présente pas de résultats similaires lors des études in vivo/cliniques par rapport aux études in vitro. Il existe de nombreuses explications plausibles à cela. Par exemple, les huiles essentielles de camomille contiennent des composants lipophiles facilement oxydables, conduisant à une dégradation en oxydes. Les extraits alcooliques et aqueux de camomille peuvent être utilisés, mais là encore, ils présentent une faible perméabilité tissulaire. En outre, les composants sont peu solubles, ce qui se traduit par une faible biodisponibilité. De plus, l’huile essentielle, lorsqu’elle est utilisée en formulation topique ou en thérapie par inhalation, provoque une irritation de la muqueuse. Par conséquent, pour améliorer la sécurité et l’efficacité de la camomille, il est impératif d’utiliser les concepts de systèmes de délivrance innovants. Les constituants de la camomille peuvent être encapsulés dans des vecteurs à base de lipides tels que des nanoémulsions, des nanocapsules, des liposomes, etc., ce qui améliorera son acceptabilité clinique et son application favorable en médecine.
Ce que couvre la revue, et ce qui concerne la camomille romaine
Cette revue est une synthèse « au sens large » : la très grande majorité des données citées (activités anti-inflammatoire, antioxydante, anti-allergique, antimicrobienne, anticancéreuse, sur le SNC, antihypertensive, hépatoprotectrice) portent sur la matricaire allemande (Matricaria chamomilla) et sur son composé phare, l’apigénine, ainsi que l’α-bisabolol et le chamazulène. Les auteurs eux-mêmes précisent que M. chamomilla « a davantage d’effets biologiques que les autres espèces » et que ses extraits de fleurs sont « généralement utilisés pour les applications biologiques ».
Ce qui concerne spécifiquement la camomille romaine (Chamaemelum nobile) dans cet article est limité :
Niveau de preuve : les auteurs soulignent eux-mêmes (§6) que l’essentiel repose sur des études in vitro/ex vivo et sur modèles animaux, avec peu de preuves cliniques, et que la camomille « ne présente pas de résultats similaires in vivo/en clinique par rapport aux études in vitro » (biodisponibilité faible, composés oxydables). À lire comme un panorama de pharmacologie expérimentale, non comme une validation clinique.
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